Alentours de Perwez par 37°C à l’ombre

Dimanche c’est comme beaucoup de dimanches: 20 km de marche, sur mes petites pattes de derrière. Cette bonne vieille méthode contre la vitesse de la voiture qui ne voit rien ou si peu. Oui mais il va faire très chaud cette fois-ci! La nuit de samedi à dimanche c’était la deuxième nuit la plus chaude depuis que l’on enregistre toutes ces données météorologiques. Les conseils pleuvent: beaucoup boire, ne pas faire d’efforts trop important en plein soleil, rester à l’intérieur aux heures les plus chaudes… Je marcherai à l’aise, j’ai pris assez d’eau (enfin non… mais juste un peu trop peu). Je pars un peu trop tard: mais je suis maintenant bien rentrée dans l’histoire ‘1Q84’ de Murakami. J’aime beaucoup Murakami mais ici il me manque un peu son écriture que j’avais trouvée dans d’autres de ses livres. Je lâche le tome 2 de ‘1Q84’ et les Little People, de toute façon je les retrouverai. Il est 10h15 quand je commence la marche. C’est une marche organisée, il suffit de suivre les flèches. Je ne me perds que si une flèche est tombée ou si je me suis trop perdue dans mes pensées. On peut au choix faire 5, 10, 15 ou 20km. Je suis la 11ème à me lancer sur les 20km et j’ai pu me garer sans problème juste à côté du point de départ: c’est dire qu’il n’y a vraiment pas beaucoup de monde. Dommage pour les organisateurs. Oui il fait chaud, très chaud même… Il suffi d’adapter le rythme et la quantité d’eau.

Il faut rester à l’ombre: le soleil implacable a brûlé le reste du paysage!

Champs d’herbes et d’éoliennes.

Une éolienne, un petit fil électrique qui va vers les maisons les plus éloignées avant qu’elles ne se détachent de la civilisation et le maïs qui attend encore son heure.

Et les meules de blé (les moissons c’était la semaine passée) attendent qu’on les récupèrent au pied de ces étranges moulins à vent. Avant ils étaient là pour moudre le blé. Maintenant ils restent étrangers les uns aux autres. Mais sans doute les blés n’ont pas tout à fait abandonné: ils semblent se diriger en procession vers ces moulins à vent.

Ce sont les premiers kilomètres qui défilent et tout est prétexte à photos. Je n’avance pas vite. Je prends encore en photo ce mur de blé.

Les papillons sont encore là en grand nombre. Ils disparaîtront plus tard quand la température s’élevera encore. Où se cacheront-ils?

Un forage? Que cherche-t-on? Quand même pas du pétrole au pied d’une éolienne… Il me semble avoir entendu que l’on cherche de l’eau. En fait je ne sais pas.


De l’ombre! Plus d’un kilomètre à serpenter dans un petit bois. Cela fait du bien!
J’emprunte le monsieur devant moi pour donner la dimension humaine à la photo du chemin.

Les vaches, elles viennent vers moi. Normalement elles ne font jamais cela. Mais elles souffrent. Elles souffrent de cette chaleur et de tous ces insectes qui les harcèlent. J’entends dans le calme les claquements des queues qui n’arrêtent pas de chasser les importuns qui reviennent toujours. Et je vois les muscles de leurs pattes tressauter. Elles me regardent comme si je leur apportais la solution, comme si je venais avec de la fraîcheur, de l’eau, quelque choses qui ferait disparaitre d’un coup toute cette chaleur et tous ces insectes exaspérants. Elles se rapprochent de moi… Elles ne font jamais cela. Je me sens toujours un peu coupable face à toutes ces vaches rencontrées parce que je ne suis pas végétarienne et je me sens toujours un peu mal à l’aise à la pensée qu’un morceau de l’une d’elle pourrait terminer dans mon assiette et que je trouverai ça bon. Courage les vaches… et désolée de mon arrogance humaine. Aujourd’hui c’est nous qui gagnons, mais demain…

Il reste le doré des blés moissonnés.

Et les… les quoi? Heu… Je viens de la ville moi (d’ailleurs ce que j’appelle blé tout au long de ce récit est peut être du froment ou une autre céréale). En tout cas ces plantations vertes semblent absorber toute la lumière du ciel. Attention vous allez vous brûler!

La chaleur me ralenti. Ce n’est pas grave parce que j’ai le temps. Je mesure la température à la vitesse de mes pas. La première s’élève encore et la deuxième se fait de plus en plus mesurée. Et en plus de ça: un bon bain d’orties. J’ai suivi scrupuleusement les flèches mais c’était le champs juste à côté que j’aurais dû prendre. Quand je me rends compte il est trop tard. Et puis, au milieu de ces orties et autres plantations à épines qui vous retiennent, c’est le moment où l’on ne sait pas s’il faut faire marche arrière et s’il suffit de continuer quelques mètres encore pour sortir de là. Je finis par arriver à rejoindre le champs. J’aurai dû réfléchir…

J’arrive à la gare. Mais ce n’est plus une gare. Sans doute depuis longtemps: il n’y a même plus de rails. Mais la gare est toujours là et elle le proclame fièrment.

J’ai l’impression d’observer indiscrètement par la fenêtre un alchimiste en pleine expérience avec ses apprentis autour de lui. Quelle formule secrète a-t-il trouvée? Un immense savoir et des mystères non encore résolus se touvent dans cette scène. C’est comme cela que je le ressens. Un savoir immense dans cette plaque qui me semble si lourde de toute son histoire, de cette destinée exceptionnelle qu’elle renferme…

J’avance de plus en plus lentement. J’aurais dû prendre un peu plus d’eau pour pouvoir boire à volonté. La dame de la météo a dit ce matin à la radio qu’il faut boire un grand verre d’eau toutes les demi-heures… Oups! cela fait combien quand on marche sous le soleil aux heures les plus chaudes? Je sais quand même que boire je le ferai tout à l’heure et qu’il n’y a aucun risque que je m’écroule déshydratée. Bon en attendant: une petite photo industrielle à cause de la répétition de ces stuctures. Une grosse tête bleue sur de puissantes jambes. La journée ces êtres bizarres sont attachés au bâtiment mais la nuit venue ils sont libres! Que font-il alors? Jusqu’où leur grandes jambes les portent-ils?

Et l’été qui s’éclate!

Et la boucle se boucle. Je reviens aux éoliennes. Ici, plus de meules de blé. Elles ont été ramassées ou alors elles ont conclus un pacte avec les ‘moulins à vent’ qui les ont laissées entrer (pour cela c’est simple; il suffit de monter un petit escalier et attendre que le ‘moulin à vent’ ouvre sa porte!).

Encore quelques kilomètres d’effort.

Encore un mur de blé.

Non, personne ne menace cette dame d’une arme. Non elle n’est pas sur le chemin de l’exil. Le ciel bleu ne sera pas terni par des nuages de bombardiers qui feront des victimes colatérales parmi les gens jetés sur les routes. Non ce n’est pas une illuminée en prière (encore que peut-être elle prie… Elle prie pour elle ou pour d’autres ou pour que le soleil se calme). Mais tous ces kilomètres avec les mains tout le temps vers le bas et par cette chaleur: nos doigts gracieux peuvent se transformer en boudins… j’ai le même problème, mais je n’essaye plus de l’arranger en chemin. Tout à l’heure tout rentrera tout seul dans l’ordre.

Cette coccinelle verte je l’ai déjà vue… Zut! j’ai raté une flèche quelque part à un croisement et j’ai recommencé un tour. Ah non! Quand même pas un deuxième tour. Déjà qu’il fait 21.4 km et je me trompe et rallonge la chaleur du soleil. Que faire? Revenir sur mes pas tout simplement. Sûrement quelques centaines de mètres en plus, mais ce n’est pas grave: je finis pas retrouver le point de départ.

C’était une très belle promenade.

About Arret Facultatif

https://arretfacultatif.wordpress.com Deze blog is geschreven in twee talen (nederlands-français), door twee opmerkelijke vriendinnen. Wij vertalen elkaar niet, noch corrigeren elkaar, maar vormen samen een complementariteit in woord en beeld. Wij willen graag met onze handen laten geboren worden daar waar u kan van genieten, onder welke vorm dan ook. Poëzie en kleine stukjes uit het leven, maar ook volsagen verzonnen verhalen, hier vindt u het allemaal!
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7 Responses to Alentours de Perwez par 37°C à l’ombre

  1. supermasj says:

    Les éoliennes de Perwez – je les passe chaque jour en route vers le boulot…

    • J’espère qu’après cette promenade vous les verrez avec un nouveau regard🙂

      • supermasj says:

        Je n’avais pas encore vu qu’on est en train d’en construire en plus.
        Je me suis souvent dit, il faut que m’arrête pour quelques photos, parce qu’il y a des excellentes compositions possibles avec ces éoliennes, ce que vous preuvez ici…

      • Je ne sais pas si de nouvelles éoliennes voient encore le jour dans ce coin… mais oui il y a moyen de faire de bonnes compositions🙂 Bedankt!

  2. Gaston M says:

    Oui, il arrive qu’il fasse chaud en Belgique. Tu vois une fois il a fait 39 degré et on avait du mal à marcher. Oui les orties ça rigole pas, il faut faire attention.

  3. Merci pour la promenade ! Ca me démange les mollets !

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